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Orthorexie : quand manger sainement devient une source d'angoisse
Photo : Pexels
10 août 2026·5 min de lecture

Orthorexie : quand manger sainement devient une source d'angoisse

Marine Bramant

Marine Bramant

Diététicienne Nutritionniste · Thuir

Quand le « bien manger » prend trop de place

Vous passez de longues minutes à lire les étiquettes au supermarché. Vous refusez un dîner chez des amis parce que vous ne savez pas exactement ce qu'il y a dans les plats. Vous ressentez une montée d'angoisse à l'idée de manger quelque chose que vous n'avez pas vous-même préparé ou contrôlé.

Ces situations peuvent sembler anodines — après tout, prendre soin de ce que l'on mange est souvent présenté comme une bonne chose. Mais quand la vigilance autour de la nourriture occupe une grande partie de vos pensées et commence à empiéter sur vos relations, vos sorties ou votre sérénité, quelque chose de plus profond mérite attention.

Ce que l'on observe souvent

  • Une liste mentale (ou écrite) d'aliments « autorisés » et d'aliments « interdits » qui s'allonge progressivement
  • Une anxiété réelle à l'idée de déroger aux règles alimentaires que l'on s'est fixées
  • Un sentiment de honte ou de culpabilité intense après avoir mangé un aliment jugé « impur » ou « mauvais »
  • L'évitement de repas sociaux, de restaurants, de fêtes de famille
  • Un temps de préparation et de planification des repas qui dépasse plusieurs heures par jour

Ce tableau, certains professionnels de santé le désignent sous le terme d'orthorexie — du grec orthos (correct) et orexis (appétit). Ce n'est pas une coquetterie de vocabulaire : c'est une façon de nommer une expérience que beaucoup de personnes vivent sans pouvoir la formuler.

« Je voulais juste être en bonne santé. Je ne savais pas que ça avait pris autant de place dans ma tête. »

Cette phrase, nous l'entendons régulièrement en consultation. Et elle dit quelque chose d'important : ce n'est pas une question de volonté, ni de coquetterie. C'est une relation à la nourriture qui s'est progressivement rigidifiée, souvent sans que l'on s'en rende compte.

Reconnaître les signaux sans se juger

L'une des difficultés avec une relation rigide à la nourriture, c'est qu'elle est socialement valorisée. Manger bio, éviter les additifs, cuisiner soi-même : dans notre culture, ces comportements sont applaudis. Il devient alors très difficile de percevoir le moment où la vigilance saine glisse vers quelque chose de plus contraignant.

Quelques questions pour prendre du recul

  1. Est-ce que je pense à la nourriture de façon répétitive, même en dehors des repas ?
  2. Est-ce que mes règles alimentaires m'ont amené à éviter des situations sociales que j'appréciais avant ?
  3. Est-ce que je ressens de la culpabilité ou de l'anxiété quand je mange quelque chose qui sort de mes habitudes ?
  4. Est-ce que mes proches ont exprimé une inquiétude à ce sujet ?
  5. Est-ce que mes règles alimentaires s'élargissent progressivement, avec de plus en plus d'aliments écartés ?

Il ne s'agit pas ici de poser un diagnostic — seul un professionnel de santé est habilité à le faire. Ces questions sont simplement une invitation à observer, sans jugement, ce que la nourriture occupe comme espace dans votre vie.

Un exercice pour observer votre relation à la nourriture

Essayez ceci cette semaine : tenez un journal alimentaire émotionnel pendant 3 jours.

  • Avant chaque repas, notez en 30 secondes : Qu'est-ce que je ressens à l'idée de manger ce repas ? (neutre, soulagé, anxieux, coupable ?)
  • Après chaque repas, notez en 30 secondes : Comment je me sens maintenant ? Y a-t-il un jugement sur ce que j'ai mangé ?

L'objectif n'est pas de changer quoi que ce soit, mais de prendre conscience de ce qui se passe émotionnellement autour des repas. Certaines personnes trouvent que cette simple observation leur permet de mettre des mots sur quelque chose qu'elles ressentaient confusément depuis longtemps.

Quand consulter un professionnel ?

Si vous vous reconnaissez dans certains des signaux décrits plus haut, sachez d'abord ceci : vous n'êtes pas seul(e), et il n'y a aucune honte à en parler. Une relation compliquée à la nourriture ne dit rien de votre valeur, de votre intelligence ou de votre équilibre global. Elle dit simplement que quelque chose mérite d'être exploré avec bienveillance.

Ce qu'un accompagnement peut apporter

Nous accompagnons à Thuir des personnes qui souhaitent retrouver une relation plus sereine avec la nourriture — sans rigidité, sans culpabilité, sans règles épuisantes. En consultation, nous prenons le temps d'écouter votre histoire alimentaire, de comprendre ce qui a pu installer ces schémas, et d'explorer ensemble des pistes adaptées à votre situation.

Il ne s'agit pas de vous dire quoi manger ni de remettre en question vos convictions. Il s'agit de vous aider à distinguer ce qui vous nourrit vraiment — y compris sur le plan émotionnel et social — de ce qui vous pèse.

Quelques signaux qui méritent une consultation

  • Vous évitez des repas en famille ou entre amis depuis plusieurs semaines
  • Vous ressentez une anxiété importante à l'idée de manger hors de chez vous
  • Vos règles alimentaires s'élargissent et vous sentez que vous ne pouvez pas les assouplir
  • Vous avez l'impression que la nourriture occupe une grande partie de votre espace mental
  • Un proche vous a exprimé son inquiétude

Consulter un diététicien-nutritionniste spécialisé dans la relation à la nourriture, c'est choisir d'explorer ce sujet dans un espace sans jugement, à votre rythme. Nous vous accompagnons avec respect et discrétion, quel que soit le point de départ.

Si vous souhaitez en parler, notre cabinet est disponible à Thuir pour un premier échange, en toute confidentialité.

Vous vous reconnaissez dans cet article ?

Si cet article fait écho à votre situation, je vous accompagne au cabinet à Thuir. Chaque consultation est adaptée à vos besoins.

Marine Bramant

Marine Bramant

Diététicienne Nutritionniste · Thuir

En savoir plus

Questions fréquentes

L'orthorexie est un terme utilisé par certains professionnels de santé pour décrire une relation rigide et anxieuse à la nourriture. Elle n'est pas encore classifiée officiellement dans tous les manuels diagnostiques, mais elle est prise au sérieux par de nombreux spécialistes de la nutrition et de la santé mentale. Si vous vous reconnaissez dans ces signaux, il est recommandé d'en parler à un professionnel qualifié.
Une alimentation attentive reste flexible et ne génère pas d'anxiété majeure. Quand les règles alimentaires deviennent rigides, envahissent les pensées, isolent socialement ou provoquent une culpabilité intense en cas d'écart, cela peut signaler que la relation à la nourriture mérite d'être explorée avec un professionnel.
Oui, tout à fait. Une diététicienne-nutritionniste spécialisée dans la relation à la nourriture peut vous aider à explorer vos habitudes alimentaires et les émotions qui y sont liées, dans un espace bienveillant et sans jugement. Une première consultation peut suffire à mettre des mots sur ce que vous ressentez.

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Cet article est à visée informative et ne constitue pas un avis médical.

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